Audrey : la joie de vivre est omniprésente à Razlog

Comment résumer presque quatre mois passés dans cette petite ville entourée de trois grandes chaînes de montagne, Pirin, Rila et Rhodopes qu’est Razlog ? Ce sont bien ces montagnes couvertes de forêts qui impressionnent quand on s’y rend pour la première fois par le bus provenant de Sofia. Puis cela prend quelques jours pour se familiariser avec la petite ville, connaître les amis locaux d’IIC (qui nous accompagneront tout au long de notre séjour), les restos, les bars, et pour s’y sentir à l’aise. Tout est paisible, les deux rivières qui traversent la ville, les nombreux chiens et chats errants, les vieilles charrues tirées par des chevaux, les vieilles automobiles de l’époque du communisme, et les habitants de Razlog installés aux terrasses de cafés dès le matin jusqu’à tard le soir pour se réunir en famille ou entre amis. En se promenant dans la ville, on croise très vite des visages connus qu’on salut. Avec l’équipe de l’IIC, on se réunit souvent en soirée ou à midi dans nos lieux favoris pour fêter anniversaires, départs, arrivées, ou simplement pour passer un moment ensemble : le restaurant Maza, Box Café, le pub Riverside, quelques fois sous un fond de musique traditionnelle jouée par le groupe local composé d’hommes et de femmes dotés d’une voix époustouflante…

Le climat ? Sans doute un des plus frais en Bulgarie en raison de ces 800 mètres d’altitude et de la proximité des montagnes. Il est malgré tout très appréciable en août, où les températures dans le centre du pays dépassent les 30 degrés.

La vie au bureau : multiculturelle, est l’adjectif qui convient le mieux pour définir l’équipe. On apprend tous les jours des particularités, des anecdotes, des mots d’une culture d’un des nombreux volontaires venus d’Europe et d’ailleurs. L’ambiance générale est détendue, la bonne humeur, les sourires et les rires ponctuent les journées. Les horaires sont flexibles et le programme chargé, c’est la course aux délais ! Le travail d’équipe se met en place de façon spontanée. Les tâches et responsabilités sont variées : de l’écriture de rapports et de projets à l’organisation d’événement artistique ou d’échange de jeunes en passant par la communication extérieure de l’organisation.

Les week-ends : On part à la découverte du pays, souvent accompagné d’un ou plusieurs volontaires de l’association. On se déplace souvent en bus, parfois en train (malgré leur vétusté !) ou en auto-stop pour les lieux les moins bien communiqués. On alterne grandes villes, telles Sofia, Plovdiv ou Varna au bord de la mer Noire, villages typiques, tels Bansko ou Koprivshtitsa, et randonnées en montagnes, autour des sept lacs, du monastère de Rila ou dans les Pirin. A ces occasions, nous avons l’opportunité d’exercer nos acquis en bulgare avec la population, toujours prête à aider sourire aux lèvres, pour trouver notre chemin, commander un repas, demander un renseignement : il n’y a rien de mieux pour progresser !

Autre élément clé dans la découverte de la culture bulgare : leurs plats et leurs boissons. Ils consomment beaucoup de viande, à savoir le porc et le poulet sous des formes différentes : boulettes, saucisses, enrobées de corn-flakes, frites, grillées… L’équivalent de notre ratatouille pourrait être le Mish-mash (dans lequel sont ajoutés un ou plusieurs œufs au plat ou en omelette). La salade nationale porte les couleurs du drapeau puisqu’elle est composée de tomates, concombres et fromage sirene (équivalent de la feta grecque). La banitsa, pâte feuilletée fourrée de sirene, est à consommer sans modération. Ce n’est qu’un aperçu, mais il y a bien d’autres recettes à savourer sur place.

La boisson nationale qui accompagne la salade nationale : la rakia qui avec ses 40 à 60° selon les « productions maison » réchauffe quiconque en boit un verre. L’eau de Razlog qui provient directement des montagnes est excellente. Une autre boisson non alcoolisée est le boza, à base d’eau et de blé, mais même si les locaux la boivent sans histoire, les étrangers ont du mal à l’adopter, en raison de son aspect, son odeur et son goût !

Malgré des niveaux de vie modestes et les protestations populaires dans les grandes villes face à des gouvernements corrompus qui font la sourde oreille, la joie de vivre est omniprésente à Razlog.

Voilà donc comment passent sans qu’on s’en aperçoive quatre mois dans ce pays chaleureux d’Europe de l’Est.