Gaella : la vie bulgare

Je me souviens encore de mon premier trajet Sofia-Razlog, le bus serpentait sur des routes montagneuses encore fortement enneigés en avril, les paysages sont d’une incroyable et pure beauté ici, la vie y semble à la fois paisible et besogneuse. L’empreinte du communisme fait également partie du paysage, on trouve un peu partout des blocs de bétons abandonnés ou la nature y reprend ses droits.

A Razlog, j’ai tout de suite été frappé par le mélange entre modernité - des magasins flambant neufs, des cafés écriant des tubes « internationaux », et tradition - des hommes allant au champs avec charrettes et chevaux, coupant le bois pour le chauffage (les hivers sont rudes, température encore négatives en avril), des femmes raccommodant des costumes traditionnels.

La culture bulgare est très visible et présente au quotidien à Razlog, les danses et les chants traditionnels ponctuent de nombreux évènements nationaux et locaux et sont également pratiqués dans les Mexanas (tavernes). Les chants traditionnels bulgares m’ont particulièrement touché par leur force et leur mélancolie.

L’influence ottomane se fait encore sentir dans la nourriture et plus particulièrement les pâtisseries (loukoums, turkish delight…) mais aussi dans la langue, de nombreux mots provenant du turc.

Les bulgares sont très chaleureux, ils ouvrent facilement les portes de leurs maisons, offrent divers présents sans occasions précises, je me suis assez vite sentie chez moi, et c’est très agréable. Les repas, que ce soit au restaurant ou à la maison, sont gargantuesques ! Manger est le « sport national », et boire aussi, la Rakia (liqueur digestive) surtout.

Il m’est très difficile de communiquer malgré 3 à 4 heures de cours par semaine car c’est pour moi, une langue difficile à maitriser. Je communique donc encore majoritairement en anglais.

Avec les bulgares on ne parle jamais de choses qui fâchent : le communisme, la politique ne sont pas des sujets tabous, mais on évite d’en parler car cela ne change pas le quotidien, pour eux la crise a toujours existé. Cela ne les empêche pas de croquer la vie à pleine dent, les bulgares sont très festifs.

Concernant l’organisation au sein de l’association, une citation suivante de Yordan Raditchkov, reflète assez bien comment j’ai ressenti les choses : « Nous, les Bulgares, on n’a peut être pas inventé les Jeux Olympiques, on a peut être pas donné au monde la poudre ou la machine à vapeur, en revanche, on est les rois du tohu-bohu. Je doute qu’il y ait un autre peuple qui se lance dans le tohu-bohu avec autant de talent, d’ardeur et d’enthousiasme, qui y brûle toute son énergie, ses connaissances, ses idées, et même ses convictions religieuses ».

Tout est dans l’art de l’improvisation, le travail dans l’urgence, à la dernière minute. C’est une très bonne expérience professionnelle car j’apprends la flexibilité.

Nous sommes une très grande « famille » maintenant, environ 15 personnes. Les projets sur lesquels nous travaillons étant tous liés à la mobilité et à l’Europe, nous sommes donc très nomades, ce qui permet de découvrir de nombreux coins en Bulgarie, et dans les pays frontaliers (Grèce, Turquie, Macédoine, Roumanie).