Hélène (FR) : une immersion péruvienne

Je suis volontaire pour "Estamos en la calle". C'est une association qui organise un festival des arts de la rue de cultures amazoniques. En France, je suis moi-même artiste de rue, plasticienne urbaniste.
 
Je travaille sur un accompagnement artistique de la démolition des banlieues.
 
J'ai l'habitude de créer avec l'autre, le passant, l'usager, le citadin.
 
Ici comme là-bas, je passe beaucoup de temps à "rencontrer" l'autre, écouter pour mieux comprendre et surtout pour mieux répondre aux besoins.
 
L'art est un média, non une finalité en soi.
 
Il doit traiter d'un temps, d'une société, relater les névroses du quotidien, mettre le doigt là ou ça saigne pour aider à cicatriser.
 
En France, les relations sont dures, conflictuelles, nous sommes à l image de notre environnement.
 
Tout est béton armé,
 
là bas, j'ai le coeur en béton armé.
 
Ici, tout est eau, tout est fluide,
 
J'ai fait un atelier artistique avec les enfants d'un quartier populaire, au bout de 10 minutes, à peine, ils sont tous dans tes bras, pleins d'amour.
 
Rien à voir avec le fait que je sois blanche, ils sont natures - peintures.
 
Ils donnent et reçoivent.
 
Nous, nous sommes trop concentrés sur nous-mêmes.
 
Cette année, c'est l'année mondiale de l'eau.
 
Ici, tout est chargé d'eau je n'aurais pas pu trouver mieux comme environnement pour parler de cette actualité si fondamentale.
 
La thématique du festival est également l'eau, l'événement est prévu pour le 4 août, Ca s'appellera "Somos el agua" ou "Hijos del agua".
 
Je suis à Iquitos, la capitale de la foret amazonienne, rien a voir avec tous les clichés que nous avons du Pérou.
 
Pas de flûtes de pan, pas de bonnets péruviens, pas de lamas.
 
Nous sommes au coeur de "Rios". Il y a l'Amazone, Itaya, Nanaï et une multitude d'autres dont je ne connais pas les noms.
 
La réalité quotidienne est que les monstres occidentaux ont trouvé du pétrole en grande quantité alors ils ont crées des plates formes énormes, irrespectueuses, carrément scandaleuses dans ce paradis encore préservé.
 
Ce sont des litres et des litres qui sont exploités chaque jour et des litres et des litres qui chaque jours aussi, contaminent les fleuves, les rivières.
 
Les communautés sont malades à l image de leur environnement.
 
Des fois, j'ai honte d'être blanche!
 
Le climat est composé à 80 % d'humidité, la ville est colorée, lumineuse Nous sommes en hiver, il fait extrêmement chaud mais l hiver signifie ici qu'il pleut chaque jours.
 
La ville est inondée. Certains quartiers n'ont plus l'électricité.
 
L'hygiène est précaire.
 
Voilà,
 
J'essaye de vivre la réalité quotidienne pour mieux illustrer plus tard, quand viendra le temps du festival les sensations, les émotions qui me pénètrent aujourd'hui.
 
Hélène
Iquitos, Pérou