Ingrid (FR) : récit d'une journée à Alexandrie

9H00 : Le réveil matin sonne, j'ouvre en hâte mes volets pour admirer les rayons du soleil et je trouve à mes pieds des milliers de grains de sable emportés par le vent du désert. On prend avec mes colocs' un petit déjeuner ensemble discutant anglais sur les projets du week-end « et si on allait à l'oasis de Siwa ? »

9h30 : Je glisse les clefs dans la porte, et je me lance dans mon périple  matinal et journalier pour me rendre à la bibliothèque d'Alexandrie. J'observe avec amusement les rues encombrées, ces ânes déconcertés par les bruits rugissants des klaxons, les vendeurs de légumes criant pour attirer les clients. D'ailleurs les hommes sont déjà assis aux terrasses des cafés . Je longe la méditerranée vaste et bleu au bord de laquelle les marins tirent leurs filets. 

10H15 : J'ouvre la porte de mon bureau et je mène le rituel habituel avec mes collègues « Sabah el rher, amlah eih? kowessa el abdoulela!». La journée passe en un coup de vent :  Je commence la traduction d’un nouvel « artistbook », je cherche des artistes à contacter pour l'organisation d'une exposition, j'assiste à des répétitions, je collecte des informations pour préparer une exposition virtuelle...

16H00 :  Des collègues me proposent de boire un thé et de fumer une chicha pour finir la journée sereinement : « Yallah Bina! » on s'assoit autours d'une petite table, on contemple le coucher du soleil, les palmiers qui s'assombrissent et les jeunes joués de la guitare sur la Plazza. 

17H30 : Vite je file à mon cours d'arabe: Je progresse à toute allure!

20H00 : Deux petites heures plus tard je monte dans une antique Lada jaune faisant office de taxi, j’essaie avec conviction de baragouiner en arabe et de mener les négociations (rudes) pour le prix, finalement il me dépose à la bibliothèque pour assister au concert de Masser Egbari :  Le public se déhanche,  et la fête bat son plein!

22H00 : A la sortie du concert, je retrouve des amis pour aller déguster quelques crevettes dans un vieux restaurant « balladi ». La discussion est enflammée et elle porte sur la révolution, la politique, l'art, l'occasion de comprendre nos différences culturelles et de partager nos expériences.

Je m'endors avec la pensée que je me sens peu à peu devenir Alexandrine : « Insha'ala ! »