Marie (FR) : au théâtre Al Balad à Amman

Ce SVE n’est pas l’occasion de mon premier voyage à l’étranger mais reste le second seulement au moyen-orient. La première fois ayant été au Liban pour quelques jours trois ans plus tôt. Donc autant dire que les premières impressions et expériences dans ce nouveau pays étaient bien différentes, de même que mes attentes. Arrivée à Amman à la fin de février 2012 avec plus de T-shirts dans ma valise que de pull-over, je découvre cette capitale du Moyen-Orient sous des pluies diluviennes et où les flocons de neige sont loin d’être épars. Alors je me souviens encore m’exclamer : mais ne me suis-je pas trompée de pays finalement…

Après ces intempéries visiblement très exceptionnelles pour la saison, les beaux jours sont de retour et les attentes d’avant départ recouvrées. Je découvre Amman. Amman, ses jabals (ou montagnes), ville en mouvement perpétuel, si bruyante et polluée, tellement mal desservie mais aussi tellement magique la nuit.

Amman, capitale jeune et tellement contrastée, sans longue Histoire, paraissant sans histoires et pourtant si surprenante par endroit et par son architecture alliant la modernité à la pauvreté. De jabal en jabal et surtout de nuit, la ville illuminée te transporte du souk (marché) Al Abdali avec la belle mosquée bleue surplombant, au parc Al Hussein en passant par le chaotique wouassat Al Balad (downtown), prenant le temps de marquer un arrêt à Hashem, restaurant bon marché à la fameuse réputation pour humus et falafel, avant de suivre tous les huit ronds-points d’Amman plus communément connus sous le nom de circle (douar en arabe).

Il m’a fallu un bout de temps pour m’habituer au chaos, à la sécheresse de cette ville et à l’air aigri de quelques habitants hostiles et malheureux, au manque d’organisation des organismes de manière générale avec lesquels tu dois traiter ou qui, quand ils en possèdent une (organisation), diverge totalement de ce que ce terme sous-entend en occident. Il m’a fallu aussi du temps pour assimiler et comprendre ce qui se cache derrière le « Insha’allah » de tous les instants et donc en comprendre la philosophie profonde et la manière de vivre qui en découle. Et à l’accepter.

Cette expérience en Jordanie a été notamment l’occasion de découvrir la célèbre réputation de l’hospitalité jordanienne, des gens de la capitale mais également bédouine, principalement dans le sud du pays, de visiter la sublime Petra, cité nabatéenne et de passer quelques nuits à la belle étoile dans le merveilleux Wadi Rum en compagnie d’amis locaux, parmi tant d’autres belles découvertes.

Mon service volontaire s’est déroulé au sein du théâtre Al Balad à Amman, à aider à l’organisation d’évènements culturels. Grâce à tous ces évènements qui ont pris place, j’ai pu faire des tas de nouvelles et belles rencontres et également découvrir la manière dont les évènements prennent forme au moyen-orient. J’ai du abandonner l’idée de m’accrocher à ma façon de faire et de voir, pour mieux m’adapter au fonctionnement oriental sans en oublier pour autant ma logique et mon sens de l’organisation. Cela n’a pas été sans mal et bien que n’adhérant pas à tous les aspects de cette philosophie de vie – propre aux pays du Levant paraît-il - cela m’a permis d’élargir mes horizons et mon champ d’idées en approchant les choses d’une différente manière.