Mohamed : le premier voyage Hors de l’Union Européenne

J’ai effectué mon Service Volontaire Européen au Centre National des Arts et de la Culture, fondation Roi Hussein à Amman en Jordanie pendant 11 mois,

C'était pour moi le  premier voyage Hors de l’Union Européenne, j'ai quitté Marseille le Vendredi 13 décembre, oui un vendredi 13 pour moi c’est jours porte bonheur, enfin c'est ce que je pensais,  départ Marseille - Istanbul le voyage c'était bien passé, j'ai bien mangé dans l’avion, j'ai aussi pu voir un film sur l'écran qui se trouvait en face de moi. Arrivé à Istanbul, deux heures plus tard, je me suis dépêché pour trouver le second avion qui m'emmènera à Amman en Jordanie. Une fois le terminal trouvé ainsi que la porte d'embarquement, j’ai attendu et  je me disais qu'il y avait beaucoup de monde qui prenait l'avion pour la Jordanie ce que c'était peut-être normal, deux minutes après les problèmes ont commencés, le vol a été annulé. La raison : tempête de neige au Moyen Orient, (je sais c'est rare et il fallait que ça tombe sur moi et pile poil le jour de mon voyage). Les gens commençaient à crier, à vouloir partir voir les responsables de Turkish Airlines, je suivais sans comprendre, j'ai donc demandé ce qui se passait ; ils m’ont répondu que ça fait deux jours que les avions étaient annulés, et que cette fois-ci ils voulaient un hôtel plus proche de l'aéroport (car pendant les deux jours Turkish Airlines leurs avait trouvé un hôtel insalubre et a 70 km de l'aéroport) bref vous connaissez les méditerranéens ils ont le sang chaud. Après plusieurs heure de négociations, on embarque dans le bus direction l'hôtel 3* place Taksim, exténué je me suis endormis à plus de minuit passé. Bien dormis, le samedi matin les employés de l'hôtel nous disent  que  le prochain avion est à 20h, voilà une occasion de profiter et sortir découvrir Istanbul. Retour à l’hôtel, on reprend le bus direction l'aéroport, contrôle de sécurité, modification des billets, là on nous dit que l'avion de 20h est annulé mais que celui de 21h partirait bien. Après une bonne heure d'attente, me voilà dans l'avion direction la Jordanie. Nous ne sommes pas allés directement, le pilote a fait un petit détour en passant par l'Égypte, le Sinaï et en remontant par le désert du Wadi rum en Jordanie, arrivée en Jordanie un brouillard épais nous a accueillis, le pilote commence à descendre et là les roues de l’avion ont touché terre. J’étais tout content, hélas il a remis le turbo pour remonter (on apprendra après qu'il avait atterrie sur l’autoroute croyant que c'était l’aéroport). Les gens commençaient à crier, à avoir très peur, juste à côté de  moi je voyais des gens pleurer et prier, les hôtesses de l'air paniquées, on est resté au-dessus de Amman pendant 40min, jusqu'à ce que le pilote nous dise qu'il ne voit absolument rien et n'ayant plus de kérosène il est obligé de descendre,( je me suis dit ça y est je vais mourir sans voir et profiter de la Jordanie) les trois roues d'un seul coup ont touché terre, les masques sont tombés, les casiers se sont ouvert, mon Cœur et sorti de mon corps et ont ne savaient toujours pas si on était sur la piste d’atterrissage. Un son est sorti pour célébrer la victoire et la tout le monde a applaudit, a prié et a pleuré, bref j'étais pressé de sortir de l'avion, une fois arrivé je suis passé au contrôle des visas, et là le type me parle en arabe, je lui dit que je ne comprends pas, que je suis français et il me dit en anglais "vous avez pas honte de ne pas parler arabe ! ". Tous les gens sont venus me voir et me disait " pourquoi vous ne parlez pas, c'est une honte votre prénom c'est Mohamed !" Bref j'ai rien répondu car trop fatigué de plus il était 4h du matin, pas de taxis un épais brouillard et une température  inférieur à 0 l'enfer. Je pars voir une dame pour lui demander si elle pouvait appeler mon coloc qui m'attendait, enfin c'est ce que je pensais.

une fois appelée le tout c'était d’avoir un chauffeur, un homme demande si quelqu’un va au centre d’Amman et les gens lui disent moi, je vais avec lui et je vois une ville morte avec 50 cm de neige, des voitures abandonnées, en gros une ville fantôme, le chauffeur essayer de m'expliquer plusieurs choses mais je ne comprenais pas un mot d'arabe et lui ne parlait pas anglais, une fois arrivé chez moi je voulais trop dormir mais sans couette drap ou radiateur c'était l'horreur!! Heureusement j’avais avec moi un petit duvet d'été, je commençais à dormir quand j’ai entendu l'appel à la prière qui m’a fait très peur, après ça j'ai dormi. Le lendemain pas d'eau chaude, quand je respirais il y avait de la fumée même chez moi, je ne sentais plus mes doigts, mes vêtements étaient durs. En les frottant un peu j'ai fini par les mettre, je suis parti acheter une puce sim et j'ai appelé ma responsable qui me demandé où j'étais et ce que j’attends. Elle viendra me chercher. Une fois, elle m’a ramené une couette et un radiateur et a demandé à mon tuteur de prendre des sandwichs shawarma (c'était mon premier sandwich arabe et il était vraiment très bon). La neige commencé à fondre sur la route et le lendemain je suis allé au travail...

Je découvre Amman. Amman, ses jabals (ou montagnes), ville en mouvement perpétuel, si bruyante et polluée, tellement mal desservie mais aussi tellement magique la nuit.

Amman, capitale jeune et tellement contrastée, sans longue Histoire, paraissant sans histoires et pourtant si surprenante par endroit et par son architecture alliant la modernité à la pauvreté. De jabal en jabal et surtout de nuit, la ville illuminée te transporte du souk (marché) Al Abdali avec la belle mosquée bleue surplombant, au parc Al Hussein en passant par le chaotique wouassat Al Balad (downtown), prenant le temps de marquer un arrêt à Hashem, restaurant bon marché à la fameuse réputation pour son humus et falafel, avant de suivre tous les huit ronds-points d’Amman plus communément connus sous le nom de circles (douar en arabe).

Il m’a fallu un bout de temps pour m’habituer au chaos, à la sécheresse de cette ville et à l’air aigri de quelques habitants hostiles et malheureux. Il m’a fallu  du temps pour assimiler et comprendre leurs traditions et leurs coutumes.

Cette expérience en Jordanie a été notamment l’occasion de découvrir la célèbre réputation des bédouines, j'ai pu également  visiter la sublime Petra, cité nabatéenne, une partie de  Jerash site antique romain, Irbid la seconde grande ville de la Jordanie, et la Mer Morte où j'ai pu flotter en regardant les étoiles avec mes amis.

J'ai effectué mon service volontaire européen au centre national des arts et culture de la fondation du roi Hussein, le problème qui s’est posé en premier lieu était la langue arabe que je ne connaissais pas, heureusement que j'avais quelque rudiments d'anglais pour communiquer avec l’équipe et  à aider à l’organisation des  évènements culturels tels que " une tournée théâtrale au nord de la Jordanie " ou " le festival de danse contemporain". Grâce à tous ces évènements qui ont pris place, j’ai pu faire des tas de nouvelles  rencontres et également découvrir la manière dont les évènements prennent forme au Moyen-Orient.

 J’ai dû abandonner l’idée de m’accrocher à ma façon de faire et de voir, pour mieux m’adapter au fonctionnement oriental, et je peux même vous dire que je sais parler l'arabe et ça change tout pour moi.

Avec toutes ses aventures et ce vendredi 13 qui m’a apporté malheur, j'ai bien fait de m'accrocher et de comprendre les gens qui m'entourent. Au final,  je me souviendrais toute ma vie de cette expérience, et ce que un  SVE m’a apporté, quand je suis venu ici je voulais repartir et plus je suis resté plus je me suis vraiment senti chez moi et bien. La Jordanie c'est un pays où tu pleures deux fois, une quand tu arrives et l'autre fois quand tu repars...